[ Communiqué ] En adoptant une Charte de l'arbre, Montreuil fait des arbres ses alliés face aux enjeux du dérèglement climatique

Environnement

 

La Ville de Montreuil a décidé de faire des arbres ses alliés dans le combat qu'elle mène contre les conséquences du dérèglement climatiques que sont la hausse des phénomènes d'îlots de chaleur urbains, la multiplication des épisodes de canicule et l'érosion constante de la biodiversité.

Pour appliquer à son patrimoine arboré la stratégie de développement durable Éviter-Réduire-Compenser (ERC) qui vise à empêcher les atteintes à l'environnement et pour surtout mettre en œuvre cette stratégie dans ses politiques d'aménagement et de travaux, le Conseil municipal du 20 octobre, s'est doté d'un nouvel outil pédagogique et coercitif en adoptant une Charte de l'arbre.

« Cette charte de l'arbre, réaffirme et préserve la place de l'arbre dans Montreuil, ville au riche passé horticole » explique Patrice Bessac, maire de Montreuil. Montreuil est engagée depuis 2018 dans un grand projet de renaturation passant par la plantation annuelle de 60 arbres fruitiers dans l'espace public, la création, depuis 2021, avec Est Ensemble, de la promenade du Parc des hauteurs mettant en réseau un chapelet d'espaces verts et boisés s'étalant sur 42 km et 320 ha, l'ouverture d'une pépinière locale située dans la ZAC Boissière-Acacia, destinée à faire grandir des arbres appelés à être transplantés sur le territoire communal afin d'alimenter ce parc des hauteurs et renforcer la trame verte de Montreuil.

La Charte est un moyen d'action pédagogique et coercitif qui dote Montreuil des outils nécessaires à la pérennité de son patrimoine arboré composé de 4 230 arbres sur voirie, de 900 arbres dans les cours d'écoles et de 200 à 250 arbres dans les deux cimetières municipaux.

Pour Catherine Dehay, adjointe au Maire notamment déléguée aux parcs, à la nature et à la végétalisation, « Avec cette Charte de l'arbre, Montreuil entend procéder à un renversement des valeurs passant d'une conception d'arbre-objet à des politiques publiques se préoccupant du maintien de ces êtres vivants déjà présents dans l'espace public et du développement d'un patrimoine arboré de qualité»

La Charte encourage, par une prise de conscience plus forte, l'ensemble des acteurs intervenant sur les arbres ou dans leur proximité, à adopter des pratiques respectueuses de chaque arbre et protectrices de leur intégrité.

La Charte de l'arbre de Montreuil s'appuie sur un nouveau Règlement de voirie communal pour les arbres d'alignement sur l'espace public et sur le Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) pour les arbres des parcelles privées (nombre minimum d'arbres dans des espaces de pleine terre, fosses à arbres entre les places de stationnement, diversité des essences d'arbres et d'arbustes, etc.).

Elle renforce les moyens d'accompagnement des opérations d'aménagement par les services municipaux en examinant les permissions de voirie données aux concessionnaires, au regard des arbres existants.

Dissuader les mauvaises pratiques

Au-delà de cette incitation à faire adhérer aux grands principes qu'elle contient, la Charte est aussi un moyen d'action. Elle organise la mise en œuvre de recommandations par l'intégration, dans les devis des prestataires, de bonnes pratiques, respectueuses du vivant.

Lors des travaux d'aménagement, les principes sont :

1° - la préservation des arbres existants si leur état sanitaire le permet,

2°- la conduite d'un diagnostic phytosanitaire des arbres avant tout projet,

3° - la mise en place de mesures de protection des arbres lors de la conduite du chantier.

Plus coercitive encore, la Charte augmente fortement la valeur financière (d'aménité) d'un arbre pour dissuader les opérateurs de procéder à des abattages non justifiés et pratiqués par négligence ou facilité et les protéger des dégâts partiels ou irrémédiables (écorce arrachée, tronc blessé, branches cassées, arrachées ou brûlées, racines coupées, etc.). Ce nouveau barème tenant compte des espèces et variétés, de la situation, de l'impact paysager, de l'état et de la vigueur de l'arbre ainsi que de son diamètre, est monté en cohérence avec le plan Canopée du Département de la Seine-St-Denis.

Le nouveau Règlement de voirie communal prévoit ainsi un barème plus dissuasif en cas d'abattage d'arbre : forte augmentation de la compensation financière à verser pour tout abattage d'arbre (pouvant aller jusqu'à 20 000 euros pour un platane de 60 cm de diamètre), remplacement d'un arbre abattu par trois nouveaux arbres (dits « gros sujets », de circonférence 18/20 à 1 m du sol, création de fosses, fourniture végétale, plantation), organisation et financement de l'arrosage des nouveaux arbres sur une durée de deux ans.

Concerter, éclairer, informer, désamorcer

Enfin, la Charte de l'arbre crée une Commission de suivi des arbres destinée à instaurer un lieu d'échanges apaisés et réguliers afin d'éviter les malentendus et crispations des habitants et riverains des arbres. Elle regroupera associations, élus et professionnels autour des projets qui touchent aux arbres afin de faciliter l'émergence de solutions qui préservent les arbres, d'aider à l'application de la stratégie ERC, d'appliquer la Charte et d'aider à la meilleure compréhension des contraintes notamment de sécurité ou sanitaires devant parfois aboutir à l'abattage.

Votée par le Conseil municipal, cette Charte de l'arbre va être présentée et proposée aux bailleurs et aux opérateurs afin qu'ils l'intègrent pleinement à leur process de travail.

Consultez la charte de l'arbre

 

Contact presse : Jean Tilloy, attaché de presse de la Ville de Montreuil

06.63.12.85.10 / 06.30.71.80.07 / 01.48.70.60.38 – jean.tilloy@remove-this.montreuil.fr