1 immeuble, 1 oeuvre

 

Pour valoriser l’identité culturelle et artistique de Montreuil, la ville a fait le choix depuis 2015 d'inscrire le dispositif « un immeuble, une oeuvre » dans sa charte de la construction durable pour une ville résiliente.

Ce dispositif « un immeuble, une œuvre » a pour objectif d'installer une œuvre d'art au sein de toute opération neuve de logement collectif. La ville de Montreuil demande au maître d'ouvrage de l'opération, opérateur ou bailleur, en collaboration avec son maître d’œuvre architecte de commander une œuvre à un artiste.
Il s'agit d'une commande sur « mesure » ouverte à différents champs artistiques: plasticiens, graphistes, scénographes, photographes, comédiens, etc... Le commanditaire prend à sa charge la rémunération de l'artiste, ainsi que les coûts de réalisation et d'installation de l’œuvre. Un certain pourcentage des travaux est ainsi dédié au financement de  l'oeuvre.

La Direction de l'Urbanisme et de l'Habitat coordonne le suivi de cette commande en collaboration avec la Direction du Développement Culturel. Ce dispositif est amorcé avant même le dépôt du permis de construire.

Le choix de l'artiste et de l’œuvre résulte d'un accord commun entre le commanditaire et la Ville de Montreuil.

Les promoteurs sont invités à prendre également connaissance du dispositif « 1 immeuble, 1 oeuvre » porté par le Ministère de la Culture.

Les artistes sont invités à présenter leur réalisation, en adéquation avec les œuvres attendues (fresques sur mur extérieur, installation dans des parties communes ou jardins, traitement de hall d'entrée, etc) pour être répertoriés dans une base partagée entre la Ville et les opérateurs.

Les œuvres ci-dessous sont réalisées dans le cadre de ce dispositif décrit dans la charte de la construction durable pour une ville résiliente.


Opérations immobilières

"Le pli" (2022) © Alexandra Sà

40-42, rue Jules Guesdes | Promoteur : Nexity | Architecte : Myriam Szwarc | Programme : 40 logements et crèche | Livraison : 2022

Le lien à l'architecture, à l'urbanisme, au mobilier et aux usages est important dans ma pratique artistique qui questionne depuis plusieurs années les contextes, les cadres, dans lesquels je suis amenée à intervenir, en créant des situations singulières d'appropriation de l'espace qu'il soit public, artistique, familier ou quotidien, et ce par le biais de différents médiums.

Pour ce projet rue Jules Guesdes à Montreuil, j'ai proposé d'installer une oeuvre dans le hall d'entrée de l'immeuble. L'espace vacant permettait d'envisager d'y placer un banc sculpture sur lequel les habitant.es de l'immeuble, les visiteur.ses peuvent s'assoir. Il renforce la dimension accueillante du hall habillé d'un papier peint élégant et d'un joli luminaire.
Le pli dans son assise est conçu pour y glisser des livres, des magazines, des bande-dessinées à échanger, favorisant ainsi la rencontre entre les habitant.es.
Sa couleur bleue a été choisie de commun accord avec le syndic de l'immeuble, incluant ainsi celui-ci dans l'élaboration du projet.


"Hommage à Leonard" (2021) © Isabelle-Cochereau

63 avenue Faidherbe | Promoteur : COFFIM ; Architecte : Atelier Patrick Corda ; Programme : 58 logements ; Livraison : 2019

Isabelle Cochereau compose des images numériques en s’adossant à l’histoire de la peinture.
Cet "hommage à Léonard", est un détournement d’une des plus célèbres oeuvres de Léonard de Vinci La Belle ferronnière.
Dans une version pop, la belle Dame de la Cour Italienne du XVe siècle, nous intrigue toujours  par son regard mais les drapés luxueux de ses vêtements, ses précieux bijoux se sont presque effacés. La parure de Pierre Précieuse qui pare son front à l’origine (et qui porte le nom de Féronnière) a elle aussi disparu pour une coiffure bleutée qui nous la rend plus contemporaine et plus proche. La couleur de sa peau, la rend désormais semblable à certains personnages de dessins animés.
Un cadre doré nous rappelle qu’il s’agit là d’une oeuvre classique, (exposée au Musée du Louvre), mais il a lui aussi été bousculé, et offre un nouveau cadrage sur la jeune femme.
Cette fresque est un hommage en forme de clin d’oeil à une oeuvre majeure que la rue s’approprie.

"Innove'a Montreuil" (2021) © Octavio Amado

55 rue Armand Carel | Promoteur : Kaufman&Broad ; Architecte : Valero Gadan ; Programme : 122 logements et commerce ; Livraison : 2017

Un travail réalisé sur mesure :

Avant même que le bâtiment ne soit sorti de terre, Octavio Amado travaillait avec les architectes Valero et Gadan sur l’installation lumineuse qui serait placé sur le porche de l’immeuble.

C’est en se référant aux plans de bâtiments et en désirant jouer sur le reflet de la lumière que la réalisation City est née.

Le studio de design Octavio Amado a conçu la composition CITY, de 120 m², comme un grand bijou argenté qui accentue l’esprit linéaire du bâtiment. Elles deviennent rétro-éclairantes le soir par déclenchement crépusculaire.


"Fresque Bel Air" (2021) © Muralisme

28 rue Beit Sira | Promoteur : Demathieu bard Immobilier/AFL ; Architecte : Sathy ; Programme : 36 logements ; Livraison : 2019

L’art urbain délivre un message, il fait office de trait d’union entre patrimoine et culture au sein de l’espace commun qu’est la rue. Il permet aux habitants et aux visiteurs de s’approprier un lieu et d’en saisir son histoire.

Notre projet se nomme: ‘‘ élévation Montreuilloise ’’

Pour ce décor peint visible depuis le N°29 de la rue Lenain de Tillemont nous avons souhaité mettre en avant l’identité forte du quartier du Bel air par son patrimoine architectural et historique à travers un traitement filaire, léger et poétique.
On y retrouve : Les murs à pêches, des fleurs de pêchés, les anciennes douves du château du parc des Beaumont qui servaient de bacs de refroidissement aux industries de fonderies qui ont notamment servi pour les encres de la marine nationale, le château d’eau, la tribune du terrain d’athlétisme, le parc des Beaumont et sa vue sur le centre-ville de Montreuil.

Il s’agit d’une évocation filaire du quartier, réalisée à main levée avec un trait volontairement naïf et poétique. Cette élévation met en avant plusieurs éléments marquant du quartier, certains se détachent davantage par un jeu de couleurs vives. La Ville est riche d’une diversité qui forme un tout.

L'œuvre marque la rue de manière artistique et interpelle par un traitement filaire et doux. L’emplacement ainsi que la différence d’échelle de lecture agissent comme un point de repère qui invite à la découverte du quartier et du parc des Beaumont tout proche. L’impact visuel recherché est de l’ordre du jeu de piste ou de la devinette : un éveil ludique et attractif au patrimoine Montreuillois.

Valoriser un patrimoine historique et géographique fort en y mêlant le ressenti des habitants est bien ce qui caractérise « Muralisme », et ce que nous souhaitons engager dans nos projets.


"Sous le regard d'une mère" (2021) © EvazéSir

29 rue Sergent Godefroy | Promoteur : OGIC ; Architecte : Daquin-Ferrière ; Programme : 49 logements ; Livraison : 2021

Duo de plasticiens tournés vers l’art urbain, réunis sous le nom d’EvazéSir, Eva et Sir font fusionner leurs deux identités artistiques dans leurs œuvres où peinture réaliste en noir et blanc – au pinceau – et graphisme urbain en couleur – à l’aérosol – se côtoient et se rencontrent. Au-delà de leurs techniques respectives et du mélange si singulier qui fait leur style, les histoires, réelles ou fictives, inspirées de la société ou enjolivées, sont un volet important dans leur processus de création. Chacune de leurs réalisations puise sa force dans l'identité et les liens humains, ici une mère et une fille. La première protectrice et bienveillante, l'autre apeurée et sous son aile. L'enfant tourné vers l'extérieur, malgré ses craintes, rêve de grandir et d'horizons nouveaux. EvazéSir questionne ainsi le lien maternel, et la place de la mère dans la construction de l'enfant, derrière chaque immeuble de la ville se trouve des familles et des liens éternels. Deux générations se retrouvent sur cette façade récente, ce qui met en parallèle l'histoire du quartier, et d'une ville où les nouveaux immeubles remplacent les anciens, prenant ainsi la relève pour poursuivre leur histoire.


"Elle" (2019) © Françoise Pétrovitch

62 rue de Lagny | Bailleur : Emerige & I3F Architecte : Thibaud Babled ; Programme : 35 logements ; Livraison : 2019

Françoise Pétrovitch a voulu créer une œuvre très rythmique qui accompagnera le pas des résidents jusqu’à l’entrée de leur immeuble. S’inscrivant dans l’esprit architectural de ce dernier, ce dessin figuratif au trait rouge à même le béton, facture assez minimaliste, presque pariétale, investit la longueur du porche, ce lieu de passage à demi couvert. L’artiste nous invite à suivre la cadence de cette figure féminine qui se multiplie et se répète. Les variations du trait et la tête coupée jouent sur le visible/invisible, vous permettant ainsi de laisser libre court à l’interprétation et à votre imagination. « Pour construire un projet comme celui-ci, on s’inscrit dans une architecture, dans un volume et dans un lieu. J’ai envisagé l’intervention sur le porche, un espace en longueur, avec une ombre très marquée, celle de la casquette de béton au-dessus. J’ai imaginé cette suite de figures, comme une répétition qui accompagne la marche et le passage du porche de façon très rythmique.
Dans cette œuvre intitulée « Elle », on voit cette jeune fille qui se démultiplie. Elle apparaît un peu hors champ, hors cadre puisqu’elle n’a pas de visage, ce qui laisse place à l’interprétation.
Je n’avais jamais réalisé ce type de projets d’œuvre pérenne pour un immeuble, il y avait donc une forme d'enjeu au moment de produire in situ. Ce qui est intéressant, c’est de transposer mon dessin, qui évoque l’intimité, à l’extérieur, en grand et visible de la rue. J’ai souhaité que mon œuvre fasse corps avec le béton brut afin de conserver cette attention de l’architecte qui a travaillé sur les matériaux et les lasures. C’est en fait juste un trait dessiné sur le béton, du dessin pur, exprimant le mouvement, la radicalité aussi.
J’ai réalisé l’œuvre sans utiliser de report, ce qui donne un caractère très « humain », on ressent mon geste. Avec sa couleur rouge rouille qui s’intègre dans l’environnement, c’est presque un dessin pariétal. Le dispositif 1 immeuble, 1 œuvre donne une vraie cohérence à l’art plastique et aux arts visuels dans le territoire. Il me semble qu’il y a un côté très populaire au bon sens du terme. Cela permet de produire des œuvres pérennes, qui font partie du construit, qui s’installent durablement. »


"Jardin Lebour" (2019) © Coloco

33 rue Lebour | Promoteur : REI Architecte : Archi 5 ; Programme : 58 logements ; Livraison : 2019

Sur une parcelle privée arborée, une opération de construction de logements a été réalisée par le promoteur immobilier REI habitat spécialisé dans la construction en bois et les architectes d’Archi5. Coloco a été missionné pour réaliser le relevé du patrimoine végétal et des arbres à conserver en vue de réaliser un jardin collectif.

Sur environ 2 000 m², nous avons mené plusieurs workshops avec les habitants pour les tenir informés des avancées en temps réel. Un espace de soleil, un potager bio, des hôtels à insectes, des bacs à compost ainsi qu’un espace biodiversité a été conçu. Un véritable morceau de campagne en ville s’est alors progressivement installé en plein cœur de Montreuil où chacun participe à l’arrosage, à la plantation du potager et naturellement aux récoltes qui sont de véritables prétextes aux rassemblements collectifs.

Grâce à la conservation des arbres existants, le jardin Lebour semble exister depuis 10 ans !


"Les girafes" (2018) © Mosko

15 rue du Progrès | Bailleur : RLF | Architecte : CATT architecture | Programme : 34 logements sociaux | Livraison : 2018

Ce magnifique mur pignon situé rue du Progrès dans le Bas-Montreuil m'a donné l'envie d'y transcrire une scène de girafes captée au petit matin dans un parc animalier. Malgré son côté décalé lié à la thématique je souhaitais que cette pièce s'intègre dans le paysage urbain avec le ciel pour décor. Le choix des girafes, emblème de la concorde et de l'harmonie, voire de la paix, s'est imposé comme naturel. C'est aussi semble-t-il l'animal préféré des Français, créant ainsi une dynamique de partage et de joie qui représente pour moi l'essence de l'art urbain.

1% artistique

« Vieille branche (une histoire naturelle des quartiers de Bagnolet et Montreuil) » (2018) @ Simon Boudvin

138 Boulevard de Chanzy | Maitre d'ouvrage : Fayat pour le Département de SSD | Architecte : Mikou Design Studio | Programme : Collège Solveig Anspach | Livraison : 2019

Simon Boudvin habite depuis des années à la jonction entre Bagnolet et Montreuil, à proximité de ce nouveau collège. Il porte depuis toujours un regard particulier sur le rôle particulier, et parfois sauvage, que joue la nature dans la densité urbaine.

C’est ainsi que l’artiste a souhaité proposer une oeuvre en deux volets qui met en perspective les éléments d’une histoire naturelle des quartiers de Bagnolet et Montreuil, à la lisière du parc Jean Moulin-Les Guilands :

  1. dans le jardin partagé reliant les bâtiments du collège et le parc départemental : une sculpture faite de bûches de châtaigner qui évoluera dans le temps et pourra servir d’habitat à une faune locale (insectes, hérissons, passereaux,...),
  2. l’édition d’un "guide d’écologie urbaine » ; un inventaire photographique de couples arbres/immeubles des quartiers autour du collège, fruit d’une série de workshops organisés durant l’année 2018/19 en collaboration avec la Maison du Parc Jean Moulin-Les Guilands.

L’oeuvre vise ainsi à partager des observations propres à l’écologie en ville, et à intégrer, avec les mots de l’artiste « la vieille branche de la botanique dans notre culture urbaine ».

« La Maison des plantes » ( 2014-15) @ Liliana Motta

28 rue des Jardins Dufour | Maitre d'ouvrage : Département de SSD & le groupe Fayat | Architecte du collège : Marseille Architecture Partenaires | Architecte : Jean-Christophe Denise | Programme : collège Césaria Evora | Livraison : 2014

Le nouveau collège est construit dans le quartier Saint-Antoine où se trouve le site classé des Murs à Pêches : un territoire à forte valeur historique, culturelle et paysagère.

Mon intention est de m’inscrire dans le « courant » de ce lieu. Je propose à travers la découverte, l’observation, la conservation du patrimoine existant de nous intéresser particulièrement aux liens entre l’homme, la nature et la ville : pour ce faire j’ai imaginé une maison avec des proportions peu communes, étroite et haute, construite d’un entremêlé de fer forgé et habitée par des plantes venues de tous les coins du monde.

La Maison des plantes est un lieu exceptionnel par la diversité de ses composantes vivantes et il offre au collège et à la ville des possibilités d’échanges et de rencontres, à travers de nombreuses programmations pédagogiques et culturelles : un moteur pour le présent et l’avenir, un voyage, un nouveau départ pour les élèves du collège et les habitants du quartier. Cette Maison pourra aussi être le support d’un Conservatoire botanique, un ensemble de jardins dans différentes parcelles du quartier, composé de collections et d’expositions de plantes vivantes : des arbres, des arbustes et des plantes grimpantes.

L’œuvre est implantée dans le jardin pédagogique du collège. Sa hauteur de 8 mètres de haut environ la rend bien visible depuis l’entrée de l’établissement ainsi que depuis les fenêtres des classes qui donnent sur la cour. La Maison des plantes s’aperçoit aussi depuis la voie nouvellement aménagée et depuis le tramway. Ainsi, elle signale l’histoire du quartier tout en participant de son développement.

Réhabilitation-résidentialisation

"Les frondaisons" 2021 © Elias Gama

19-21 rue des Ruffins | Maitre d'ouvrage : Sequens | Partenariat de l'Apes avec un appel à projet artistique des Beaux-Art de Paris | Architecte : Novarina/ RVA pour la rénovation | Livraison : 2021

Une cheminée

Au pied des arbres, la lumière filtre à travers les feuillages, et perd le regard du marcheur, par la succession de motifs et de nuances colorées qui s’additionnent tout autour de lui. Ainsi la lumière se déverse sur la colonne. L’intervention in-situ emmêle des signes dorés sur la surface de la cheminée, sur toute sa hauteur. Imprimés, les motifs des différentes essences d’arbres révèlent à l’œil une organisation graphique, qui si l’on s’y attarde, ne ponctuent pas seulement l’espace, mais étalonnent le champ de vision par formes dupliquées et organisées : une écriture. La couleur dorée consacre en même temps qu’elle voile les prénoms des habitants : les élèves de l’école Paul Lafargue.

Une mémoire

Le cylindre de la cheminée comme sceau Akkadien ou Quimbaya, considère le caractère fondateur de la trace dans une culture : qu’il s’agisse d’un motif, d’une frise ou d’un texte. Dans les quartiers Grands-Pêchers-Le Morillon à Montreuil, la culture se forme au carrefour des identités, sans que leurs passages ne soient toujours identifiables. En se fondant sur la méthode d’impression d’un rouleau akkadien conservé à l’Institut du Monde Arabe, datant de 1300 avant J.-C., cette pièce étale littéralement les syllabes, en retournant aux origines des pictogrammes, tels que le linguiste français Louis-Jean Calvet les décrit dans son ouvrage sur  L’origine de l’écriture où tous les continents des civilisations anciennes sont mobilisés. 


Carte interactive

Contacts