Mémoires autour de la Seconde Guerre mondiale
Mis à jour le 10 juin 2026
Présentation de la mission Mémoires
Mis à jour le 10 juin 2026
Présentation de la mission Mémoires
Le camp d'Auschwitz
© Meyer
La mission Mémoires consiste à organiser des événements ayant pour objectif la remémoration de faits qui ont marqué l’Histoire. Ces événements servent plusieurs objectifs.
Des objectifs historiques, d’abord, pour ne pas oublier de quoi a été fait le passé et ce qui a constitué nos histoires personnelles et collectives.
Des objectifs culturels, également, car ils sont l’occasion de mettre en place des expositions, des visites, ou des performances artistiques afin de mettre en valeur les questions mémorielles.
Elle fait écho aux valeurs humaines et universelles que porte la ville de Montreuil telles que la paix, la solidarité, l’humanisme et la transmission.
Lors des différentes commémorations, le constat a été fait qu’il s’agit systématiquement des mêmes populations qui s’y rendent.
Afin d’ouvrir ces évènements à un public plus large et d’alimenter une mémoire commune, la Ville de Montreuil propose l’organisation d’interludes artistiques, de temps mémoriels plus longs, l’invitation d’intervenants ou encore de sorties culturelles.
En 2018, le photographe Montreuillois Pierre Leblanc a réalisé une exposition autour de Auschwitz-Birkenau, le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, et image mondiale de la barbarie nazie. Composée de photos et de témoignages, cette exposition s’est tenue du au sur la place Jean Jaurès.
Prises à l'entrée des détenus dans les camps, les photos anthropométriques de centaines de déportés sont exposées au musée d'Auschwitz.
Maud Landau, autrice et metteuse en scène montreuilloise, retrace dans son spectacle l’histoire de sa grand-mère, née en 1917 en Pologne, et juive. Elle est devenue le pilier d’une petite histoire qui s’inscrivait dans la grande.
Cette pièce proposée aux Montreuillois interroge la place que l’on peut prendre face au devoir de mémoire : en partant du témoignage de sa grand-mère, elle met en résonnance les questionnements d’une femme trentenaire au XXIe siècle sur la transmission, l’héritage, la mémoire inconsciente collective, le transgénérationnel, l’identité.
Mathilde Bourbin, comédienne et metteuse en scène montreuilloise, s’est rendu à Auschwitz avec d’autres montreuillois, équipée d’un dispositif de prise de son.
Ce projet vise à mettre en dialogue l’imaginaire sonore lié à Auschwitz et la réalité sonore à laquelle sont confronté.e.s les voyageur.euse.s aujourd’hui, à proposer une œuvre sonore, de haute qualité, permettant une immersion dans ce voyage à Auschwitz, en 2025, 80 après l’ouverture du camp de la mort.
Une œuvre retraçant le long voyage, les réactions et l’environnement sonore auxquels sont confronté.e.s les participant.e.s, avec une participation de volontaires équipés de micros (équipements choisis pour leur performance et leur discrétion), permettant de recueillir leurs impressions et réactions sur cette journée si forte émotionnellement. L'œuvre sonore a pour visée d’être diffusée en salle noire, dans une salle équipée d’un système son de haute qualité.
La première diffusion de l’œuvre a eu lieu le 27 mai 2025, à l’occasion de la journée nationale de la Résistance.
Léonore Chaix, autrice et artiste montreuilloise, a proposé la création d’une oeuvre collective, créative, un carnet de voyage, en lien avec le camp d’Auschwitz-Birkenau.
L’objectif est de laisser des traces sur les traces, de générer une mémoire neuve sur la Mémoire. Ces traces sont envisagées sous une forme poétique (textes, poèmes, notes, bribes), visuelle (photos, objets, dessins, frise…), factuelle (textes, notes) ou orale (paroles retranscrites…) collectées dans un grand carnet de voyage immersif.
Chaque année, la ville de Montreuil propose des visites guidées au Mémorial de la Shoah, musée et centre de recherche sur l’histoire du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Conçu dans les années 30 pour loger à bon marché des familles de Drancy, l’ensemble immobilier, inachevé, va servir de camp de transit des Juifs. Près de 63.000 d’entre eux seront déportés depuis Drancy vers les camps d’extermination, en faisant la plaque tournante de la déportation des Juifs de France vers les camps d’extermination.
Aujourd’hui, les immeubles ont retrouvé leur utilisation première, et en 2012, le Mémorial de la Shoah de Drancy a ouvert ses portes.
En France occupée, la « solution finale » entraîna la déportation de près de 74 000 personnes, par 74 convois, entre mars 1942 et août 1944. Moins de 5 000 revinrent. La banlieue nord-est de Paris fut au coeur de cette machinerie du meurtre. À partir de juillet 1943 et jusqu’en août 1944, succédant à celle du Bourget, la gare de Bobigny fut le lieu de départ de près d’un tiers des Juifs déportés de France vers Auschwitz-Birkenau (environ 22 500 hommes, femmes et enfants).
Ce site témoin fut longtemps oublié et tardivement redécouvert, et constitue aujourd’hui un lieu de mémoire de la Shoah.
330 : c’est le nombre de foyers que la police française devait arrêter à Montreuil lors de la rafle du Vel’ d’Hiv. Dans la petite couronne, c’était la ville qui comptait le plus de foyers juifs recensés. Boucheries, boulangeries et lieux de prière marquaient alors le quartier. Une partie de ce monde a disparu avec la déportation.
Anouk Colombani, guide-conférencière nationale, emmène sur les pas de ce Montreuil disparu.
En partenariat avec le Mémorial de la Shoah, les visiteurs découvrent à travers un parcours dans le Marais, l’histoire des juifs dans le coeur historique de Paris, du Moyen-Âge à nos jours.
6 avril 1944 : à Izieu, dans l’Ain, quarante-quatre enfants et sept adultes tous juifs, rassemblés dans un foyer d’accueil temporaire, sont arrêtés par les hommes de la Gestapo et des soldats allemands sur ordre de Klaus Barbie. Seule une éducatrice survivra. Elle témoignera de l’horreur.
Un texte voit le jour en 1989 sous la plume de la montreuilloise Rolande Causse, Les enfants d’Izieu. En découle un spectacle hommage à ces enfants et adultes mais aussi aux 11 000 enfants juifs exterminés en France. La musique et le texte tantôt alternent, tantôt vont ensemble, complétés de dessins projetés et improvisés en direct.
Un Juste parmi les nations est une personne, de confession non-juive, qui a fait preuve de courage et qui a sauvé des juifs au péril de leur vie. À Montreuil deux Justes sont connus :
Au cours de l’année 2025, une classe de 3e du collège Solveig Anspach a créé une balade sonore en partant sur les pas de quatre résistantes montreuilloises – montreuilloises avant la guerre pour certaines, et qui le deviendront toutes après, et toutes internées au Fort de Romainville avant leur déportation : Madeleine Dissoubray (épouse Odru), Paule Lacaze (épouse Jurquet), Denise Dordor (épouse Kreissler) et Jacqueline Fleury (épouse Tamanini).
À partir de documents d’archives, de recherches, de découvertes de lieux, de rencontres avec les descendants, les élèves ont pu retracer l’histoire de ces quatre femmes. Pour écrire ces parcours, ils ont scénarisé les balades sonores, travailler sur les mises en voix, réalisé le bruitage, incorporé les témoignages des résistantes et des paroles d’historiens.nes.
Ces créations viennent retracer l’histoire de résistantes déportées, questionner et réfléchir à la signification de lieux de mémoire, et sensibiliser et participer à la transmission de cette histoire locale avant et pendant la guerre.
Le projet « S’engager » des 3e du collège Marais de Villiers s’est déroulé au cours du premier semestre de l’année 2025, en transversalité entre histoire, littérature et pratique artistique. Ce projet traite du thème de l’engagement autour de la résistance, en traitant de figures de résistant.e.s connu.e.s ou inconnu.e.s, français.e.s ou étranger.e.s.
En suivant en cours d’histoire le parcours de certains d’entre eux, les élèves ont été invités à se glisser dans leur peau, à comprendre les motivations mais aussi les difficultés et les menaces quotidiennes et se sont à leur tour engagé dans l’écriture et, à partir des biographies des résistant.e.s, ont réalisé une production artistique littéraire puis théâtrale, présentée sur scène à l’occasion du festival « Déton(n)ants amateurs » au théâtre municipal Berthelot-Jean Guerrin (avec les participations des artistes Mona El Yafi du Diptyque Théâtre et Mathilde Bourbin du Collectif Attention ! Fragile).
Création d’une chorale de jeunes de 14 à 18 ans, un « Chœur citoyen », soutenu par la ville de Montreuil et qui accompagnera des commémorations. Ce chœur présentera de courtes chorégraphies, d’une dizaine de minutes, mêlant chant, danse et théâtre. L’objectif de la création de cette chorale est de mêler bien-être, engagement et liberté pour les adolescents, qui pourra être ouverte aux habitants.
Visité guidée permettant de découvrir le monument, les personnalités illustres et notamment les résistants qui y sont honorés, et réfléchir à la notion de Grand Homme.
Visite d’un lieu de mémoire en devenir : le Mémorial national des femmes en résistance et en déportation. En effet, il n’existe pas en France de lieu de mémoire rendant hommage aux femmes, citoyennes pourtant sans droit de vote, qui se sont engagées et ont subi l’horreur nazie. Ce futur lieu de mémoire verra le jour autour de 2028 au sein du Fort de Romainville, aux Lilas.
Ce site exceptionnel, témoin des heures sombres de notre histoire, n’a pas encore eu l’occasion d’être dévoilé au public : la ville de Montreuil, ainsi que la ville des Lilas, s’inscrit comme partenaire pour transmettre aux générations futures cet héritage.
Au croisement de la petite et de la grande Histoire, celle d’Irena Sendler prend corps et vie dans un univers mêlant théâtre et marionnettes pour mettre en lumière les notions de courage et d’humanité.
Une vieille dame polonaise vit dans une maison de retraite. Elle s’appelle Irena et personne ne peut soupçonner les actions héroïques qu’elle a accomplies durant la Seconde Guerre mondiale : le sauvetage de 2500 enfants juifs du Ghetto de Varsovie et de la déportation. Alors que trois étudiantes du Kansas enquêtent sur l’histoire vraie de cette héroïne, Irena reconstitue les bribes d’une mémoire qui s’étiole et raconte les maux d’hier pour soigner ceux d’aujourd’hui, pour que reste à jamais gravé l’inimaginable.
Le fort de Romainville, aux Lilas, est une fortification de la ceinture parisienne construite au milieu du XIXe siècle : site militaire évacué lors de la défaite française de juin 1940, il devient le premier camp allemand installé en France occupée et devient, à partir de 1943, un des points de transit vers les camps de concentration du Reich.
Avant de quitter le fort, plusieurs détenus ont laissé des graffitis dans la casemate 17 : pour certains, l’identité de leurs autrices ont pu être retrouvée. Ce sont les parcours de ces femmes, mis en perspective avec l’histoire en résistance et en déportation de tant d’autres, qui sont racontées lors de cette exposition, présentée gratuitement et en extérieur pendant un mois à la mairie de Montreuil.
Mémorial national des femmes en résistance et en déportation
« La zone d’intérêt » de Jonathan Glazer (2023), « Lee Miller » de Ellen Kuras (2023), «La plus précieuse des marchandises » de Michel Hazanovicius (2024), « Nuremberg » de James Vanderbilt (2026). Un partenariat avec le cinéma montreuillois Le Méliès a été mis en place dans le cadre du parcours Mémoires. Chaque année, deux projections et rencontres sont proposées.
• Foot : ces Montreuillois vont disputer la coupe du monde
• Une nouvelle vie pour le patrimoine ouvrier
• Cinémas de proximité : l'accès aux films menacé