Cérémonie des vœux 2026 à la population, aux partenaires et acteurs institutionnels du territoire
Mis à jour le 14 janvier 2026
Patrice Bessac, Maire de Montreuil, a présenté ses vœux à la population, aux partenaires et acteurs institutionnels du territoire le mardi 13 janvier 2026. Revivez ici son discours et retrouvez les photos de la soirée.
Monsieur le Député, cher Alexis Corbière, Madame la Sénatrice, chère Corine, Monsieur le Consul général du Mali, Monsieur le Vice-consul du Mali, Monsieur le Maire de Noisilse, cher Olivier, Mesdames et Messieurs les élus, Monsieur le Capitaine commandant de la 24e compagnie des sapeurs-pompiers de Paris, Monsieur le Commissaire général, Chères Montreuiloises, chers Montreuillois, Citoyennes et citoyens de la République, bienvenue chez vous, dans notre maison commune : la mairie de Montreuil.
C'est un grand honneur pour la municipalité et pour moi de vous accueillir aujourd’hui et de vous dire, tout simplement, que nous sommes heureux de vous servir. Au nom de la municipalité, je veux vous souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année : de santé, d’amitié, d’amour, de réussite dans vos projets, pour vous, pour vos proches, pour celles et ceux que vous aimez et pour notre commune, pour notre communauté de Montreuil.
C’est une année particulière pour la vie municipale : nous serons bientôt appelés aux urnes, et la loi contraint strictement ce que je peux dire ou ne pas dire ici. Je ne peux donc pas vous parler de l’action passée de la municipalité, ni de son action présente, ni encore moins de ses projets. Mon propos sera donc différent.
Je veux vous parler de l’état du monde occidental, car nos démocraties produisent depuis quelques années des choses qui méritent que l’on s’y arrête.
Je voudrais résumer une partie de la situation. Les États-Unis d'Amérique dominent le monde pour le moment. Si on ne regarde que le plan militaire, ils dépensent chaque année près de 1000 milliards de dollars pour leur armement. C'est-à-dire qu'à eux seuls, les Américains représentent à peu près 40 % des dépenses militaires de la totalité des 195 pays du monde. Sur 195 pays que compte la planète, 194 pays représentent 60 % des dépenses quand un pays en représente 40 %. Cela mérite, je crois, que l'on regarde avec des yeux objectifs à qui sont confiés aujourd'hui les clés de la plus grande concentration d'armes, de bombes et de puissance de destruction que l'humanité n'ait jamais connue. Le président Donald Trump nous a souvent semblé, à nous Européens, être un personnage instable et au fond un peu ridicule. Et pourtant, cet homme a patiemment construit ce qu'il faut appeler la plus grande organisation fasciste depuis que le monde a connu la Seconde Guerre mondiale. Il est entouré de gens parfaitement déterminés à faire une chose simple : assurer la suprématie de l'extrême droite blanche américaine sur la totalité du monde. Quand je dis ça, certaines et certains ici sont en train de se dire « il exagère ». Stephen Miller, le plus proche conseiller de Donald Trump, un des hommes les plus puissants du monde, directeur adjoint du cabinet de la Maison Blanche, s'inspire aujourd'hui directement d'Hitler dans ses discours. Je ne parle pas suffisamment bien allemand pour m'en assurer par moi-même. Je ne fais que vous répéter ce que nous confirme un grand traducteur de la langue allemande du Gut Institute qui a notamment traduit entièrement Mein Kampf pour les besoins d'un projet de recherche universitaire. Une partie du discours qu'a prononcé aux États-Unis l'un des hommes les plus puissants du monde il y a quelques semaines est calquée mot pour mot sur un discours prononcé par Goebbels en 1934. Est-ce que vous savez, est-ce que nous pouvons imaginer qu'aujourd'hui aux États-Unis, comme en Russie depuis des décennies, des listes de mots sont dressées pour être interdits ? Écrire des mots comme « réchauffement climatique », « homosexualité », « féminisme », « trans-identité » à l'université comme dans l'administration américaine est passible de renvoi pur et simple. Des milliers de chercheurs et de fonctionnaires ont été renvoyés pour ce motif. C'est pareil pour les livres. Je ne sais pas si vous le savez mais plus de 10 000 livres, 10 000, ont été tout simplement interdits et retirés des bibliothèques et des établissements scolaires. Vous vous en doutez, il s'agit d'ouvrages sur la sensibilisation au racisme et à l'antisémitisme, aux droits LGBT, des livres qui parlent de l'histoire de l'esclavage aux États-Unis, des inégalités entre les genres ou tout simplement de grands classiques de la science-fiction comme 1984 de George Orwell, longtemps interdit également en Union soviétique, qui est désormais interdit dans les bibliothèques américaines. « Les mots sont des pistolets chargés », écrivait Jean-Paul Sartre. Eh bien, savez-vous que des pistolets américains ont été vidés en toute impunité par une organisation appelée ICE sur des civils non blancs dans ce pays ? ICE, c'est ce que l'on appelle la police anti-immigration. Ce n'est en réalité pas une police du tout, même si la plupart des médias ici utilisent ce terme parce qu'ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe là-bas. ICE, c'est une force armée gérée par le gouvernement fédéral, dotée par le président Donald Trump, qui recrute et arme à tour de bras des gens comme vous et moi. Enfin presque. Elle compte aujourd'hui près de 20 000 agents qui organisent des raids, des rafles et terrorisent les populations non blanches partout sur le territoire américain. Vous en avez entendu parler il y a quelques jours quand leurs agents ont tiré à bout portant dans le dos et dans le crâne d'une poétesse et militante de gauche à Minneapolis. Alors, je vous passe ici le Venezuela, le Groenland, le Mexique, la Colombie, toutes les terres et tous les peuples que cet impérialisme souhaite soumettre et confier à la gestion de ses entreprises pétrolières. C'est comme ça que l'on conjugue toutes les occupations. L'occupant provoque un coup d'État, humilie le peuple et trouve parmi les dirigeants celles et ceux qui, devant l'humiliation, en échange d'une petite tranche de pouvoir, choisissent toujours la collaboration. Le pays occupé devient un État-entreprise qui ne sert qu'à alimenter l'occupant en richesse pour lui permettre de continuer son expansion. En langage colonial, on appelle ça un protectorat. En Palestine, à Gaza et en Cisjordanie, en Ukraine, au Venezuela, en Iran, le seul chemin pacifique durable consiste à reconnaître le droit fondamental des peuples à décider d'eux-mêmes. La Charte des Nations Unies n'est pas un joli texte décoratif, c'est une pierre fondamentale de la construction de la paix mondiale. Et à chaque fois, par exemple en Irak, en Libye ou en Afghanistan, que ces principes ont été méprisés, des immenses catastrophes humaines se sont produites. Alors oui, aux USA, à travers l'interdiction de mots, de livres, à travers l'expansionnisme territorial, l'indifférence aux droits humains, la force comme seule loi de la politique, l'installation de milices paramilitaires, la destruction des contre-pouvoirs notamment judiciaire et universitaire, chemine ce qui constitue dans l'histoire récente les fondamentaux d'une organisation fasciste de la société.
Avant de conclure, j’aimerais remettre quatre médailles de la Ville à quatre personnalités ou collectifs particuliers qui ont apporté beaucoup à notre commune. La première est remise à Rolande Causse, pour son action fondatrice dans la naissance du Salon du livre de la jeunesse de Montreuil, et pour avoir amené le livre auprès des enfants des centres de loisirs il y a plus de 20 ans. .
La deuxième est remise au Collectif des Libres Parleurs pour son travail auprès des lycéennes et lycéens, sa contribution à l’éloquence, à l’expression et à la formation des convictions.
La troisième médaille est remise à Abdelkader Chaïbi pour son rôle dans la reconstruction de Notre-Dame de Paris et sa décoration récente comme Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
La quatrième médaille est attribuée aux bénévoles de l’enseignement du français et aux écrivains publics, pour leur engagement collectif au service de l’accès à la langue et à l’autonomie.
Pour conclure, je souhaite saluer toutes celles et ceux qui, chaque jour, font vivre Montreuil : les bénévoles, les acteurs associatifs, les agents publics, les éducateurs, les artistes, les sportifs, les soignants. Vive Montreuil ! Vive la République ! Vive la France !
À cette occasion, Patrice Bessac a remis la médaille d'honneur de la ville à des personnalités et collectifs, en reconnaissance de leur engagement, après avoir chaleureusement félicité les représentants du Montreuil Football Club, invités à monter sur scène, pour leur épopée en Coupe de France de football qui a pris fin en 16ᵉ de finale le 10 janvier 2026.
Rolande Causse, fondatrice du Salon du livre jeunesse de Montreuil, romancière, poète, à l'origine des ateliers de lecture et d'écriture dans les centres de loisirs de la ville.
Abdelkader Chaïbi, responsable de la sûreté du chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, récemment décoré comme Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
Le collectif des Libres parleurs de Montreuil qui coordonne chaque année depuis 2019 le concours d’éloquence des lycéen·n·es de la Ville, représenté par Raphaëlle Martin qui a pris la relève de Clément Viktorovitch.
Le collectif des formatrices et formateurs des cours de français et des écrivains publics qui reçoivent bénévolement plus de 3000 personnes chaque année dans les 11 lieux de permanence proposées par la ville.