Une oeuvre, un.e artiste

Le monde d'après est-il vraiment pour demain ?

En novembre 2020, à la faveur d'un reconfinement qui impacte à nouveau la création artistique, le Centre Tignous d'Art Contemporain a demandé aux artistes plasticien.ne.s de Montreuil de raconter ce que leur inspire cette époque, à travers une œuvre personnelle.

Pour soutenir le secteur culturel, mettre en valeur l'extraordinaire richesse des arts visuels montreuillois, les oeuvres proposées par les artistes de Montreuil seront exposées sur cette page,  sur les réseaux sociaux du Centre Tignous et dans la lettre d'information de la Ville « Gardons le lien ».


Pascaline Marange

Collage du dimanche

Le monde d’après… à nous de le créer, l’inventer, le modeler, il basculera dans le meilleur ou dans le pire… à nous de faire en sorte que ce soit pour le meilleur.

Collage papiers, format 20 x 20.

Crédit portrait : Dario Félix

Site web : www.collage-du-dimanche.com

Instagram : @pascalinemarange


Sarah Cohen

Après la disparition #1

Enveloppé dans une forme d'œuf, ce morceau d'os de seiche apparaît comme un corps-territoire englouti, isolé et protégé. Tel un petit monde en soi qui résiste contre sa propre disparition, dans une bulle précieuse, les matières organiques et synthétiques se mêlent pour ne former qu'un noyau matriciel. Ces os de seiches qui flottent le long des côtes bretonnes suite à leur reproduction, forment à mes yeux des petits territoires flottants, traces et témoins d'une perpétuelle transformation.

Os de seiche, encre, paraffine, résine. 19 x 14,5 x 6,5 cm. 2019

Crédit des images : Sarah Cohen

Site web : sarahcohen.over-blog.com

Instagram : @cohensarah17

 

 


Christine Coste

Apnée n°4

Issue de la série Apnée, créée en 2019. La sculpture était-elle prémonitoire ? Elle incarne un visage encagoulé avec des yeux exorbités. Sa bouche est masquée avec des cartons d’emballage scotchés et imprimés de logos et code-barres qui sont des traces de la société de consommation. Des mouches invasives s'agglutinent sur lui. Associées à la mort car elles se nourrissent d'excréments et se reproduisent sur la pourriture, elles ne cessent de le harceler en bourdonnant et reviennent inlassablement se poser sur lui. Sont-elles annonciatrices d'une humanité en décomposition ou là pour provoquer dans l'espoir de susciter une réaction ? On entend les mouches voler. Le temps est suspendu. Le silence laisse planer un doute sur le dénouement.

Céramique - 41x23x31 cm - 2019

Crédit : Christine Coste

Site : www.christinecoste.com

Instagram : @christine.coste

 

 


 

Sylvie Barbier

Triptyque - Convergence utopique 

L’homme façonneur d’espaces, permettra t–il la convergence de l’urbain et de la nature ou bien n’ayant pas su faire preuve de résilience, n’en restera t-il qu’une utopie ?

Collages et feutres sur châssis - 70 x 60 cm - 2020

Crédit photos : Sylvie Barbier

Site web : http://sb.barbier.free.fr

 


Mémoire de Peau

Sara Grossert

Nostalgie d'une sensation épidermique. Cette nostalgie est d'autant plus présente aujourd'hui dans ces moments si particuliers où nous sommes tellement limités dans nos déplacements. Telle une archéologue, je cherche à reconstituer des fragments de vie du monde qui nous entoure comme de multiples témoignages. Empreintes de corps, recueil de rêves, sensations éprouvées.

Tarlatane, fil de soie - 34 x 33 x 14 - Réalisée en novembre, décembre 2020

Crédit : Sara Grossert

www.saragrossert.com
Instagram : @saragrossert


Un couple au bistrot

Gisèle Toulouzan

Aujourd’hui je tricote… et tricoter est aussi un détournement de technique que la société voulait imposer aux femmes. Tricoter une image est pour moi une entreprise qui me permet de faire de la photographie et de la peinture par un autre moyen. L’image n’est plus déposée sur du papier ou sur une toile, elle fait corps avec le matériau même qui l’a produite : le fil de laine coloré tricoté par le mouvement de deux longues aiguilles. Pendant toute la durée de l’exécution, le résultat n’est pas visible ; c’est quand le tricot terminé est tendu que l’image apparaît dans sa netteté d’une façon toujours plus surprenante. Mes sujets peuvent provenir de la réappropriation de peintures célèbres qui me sont chères comme de photographies que je prends moi-même dans la rue, à la terrasse d’un café, saisie de moments intimes entre des personnes inconnues. Pour moi, l’art est surtout un jeu. Je m’amuse donc à utiliser une technique ordinaire, dérisoire, peu valorisée, pour tricoter, comme ici, un couple de Montreuillois au bistrot…

80x80 cm, laines. 2019 

Crédit : Gisèle Toulouzan

Site web: giseletoulouzan.com


Nature’s watching (la nature {nous} regarde)

Leila Rose Willis

Une multitude d’yeux discrets et délicats émergent d’un fond noir. Ces regards écarquillés, stupéfaits, semblent nous interroger directement. En silence, la nature nous observe, curieuse des réactions dont l’espèce humaine est capable. Les humains peuvent-ils ralentir? Prendre conscience qu’ils font partie intégrante de la nature? Peuvent-ils regarder à l’intérieur d'eux-mêmes avec sincérité? Sont-ils assez bienveillants pour cultiver la confiance? Vont-ils enfin prendre soin?… Invisible, la nature nous regarde, bien vivante et accueillante, acceptant toutes les formes du vivant, des majestueuses galaxies au plus petit virus ravageur. 

Aquarelle et encre de Chine sur septum de lunaire (monnaie-du-pape), 2020. 43 x 43cm

Crédit : Leila Rose Willis

Site web: www.leilarosewillis.com
Instagram : leila_rose_willis


Jessy Deshais

« Dans les chutes # 5 »

Le monde virtuel que l’on nous promet est aussi faux qu’intrigant. Une inspiration entre deux mondes, une vague où la nature est plus colorée que dans la vraie vie, celle que nous connaissons ou celle que nous connaissions ? 

Collage et dessin acrylique sur papier / format : 58X85 cm / novembre 2020

Crédit : Jessy Deshais

http://jessydeshais.fr


L’Appel

Marie-Christine PALOMBIT

Issue de la série “Le voyage du héros ordinaire”, cette toile s’intitule l’Appel. Dans cette même série, nous retrouvons, LE COMBAT, LE SEUIL, LE CHOIX, L’INTEGRATION, différents vécus de cette expérience du voyage qui amèneront à une transformation vers un autre état, peut-être, plus élevé ?
Autant d’étapes pour l’être humain que nous sommes, mais qu’en est-il pour l’humanité ?

Technique mixte sur papier « Peau du dragon » marouflée sur toile - 2020 - 220 x 210

Crédit : ADAGP

Site : https://palombit.com
Facebook : palombit.art : Nature Sauvage d’une Femme Plasticienne
Instagram : palombit.art

 

 


Julien Chabot

Sans titre, série "images noires"

Ce dessin fait partie d'une série que j'ai commencée il y a un an, consacrée aux différentes formes de pouvoir et représentant souvent des individus sous la contrainte. Dans cette image inspirée de l'actualité sanitaire, c'est le masque "obligatoire" qui entrave le personnage. Il ne s'agit pas d'une critique de cet accessoire mais plutôt de celle d'un monde déréglé ayant pu créer cette situation. L'une des hypothèses de l'émergence du coronavirus est en effet celle du croisement d'animaux chassés de leur habitat naturel du fait de la déforestation et de la pollution en Chine, engendrés par la recherche effrénée du profit. A l'instar de ces animaux sans repères, j'ai représenté un corps "dénaturé" dont les organes sensoriels seraient perturbés, ouvrant la voie à la mutation. Parallèlement, devant ce constat assez sombre, j'ai également voulu créer une image solennelle qui puisse rendre la dignité de l'être humain face à l'adversité.

Fusain et pastel sur papier - 70 x 100 cm - 2020

Crédit : Julien Chabot

site web : www.julienchabot.fr

instagram : www.instagram.com/julien_chabot

 


Camille Betinyani Chacur

Portraits de confinés

Séances photo à travers un écran de téléphone, grâce à une application de visioconférence. Le téléphone est notre fenêtre sur le monde pendant cette étrange période, et en tant que photographe portraitiste j'ai cherché un nouveau moyen de photographier l'humain.
Le régal de faire une séance en visio, voyager sur une terrasse au soleil, être en équilibre sur un rebord de bibliothèque, diriger comme on peut à distance, et lâcher prise.
On m'a demandé plusieurs fois si ça ne me dérangeait pas la qualité médiocre de l'écran. Eh bien non. Je suis du genre à voir le verre à moitié plein et rien que d'avoir la chance de vivre cette période si étrange et parfois si frustrante, avec les moyens dont nous disposons est une chance incroyable.

Photographies (téléphone, appareil photo numérique, application de visioconférence) - 2020

Crédit : Camille Betinyani Chacur

site internet: www.camillebetinyani.com
Instagram : www.instagram.com/camillebetinyani


Nicolas Viallard

Cheval-vapeur

Cette sculpture est composée d’une superposition de modèles 3D de moteur électrique industriel. Le moteur, dans sa définition, transforme une énergie électrique en énergie mécanique. Ces objets industriels qui composent les lignes de fabrication automatisée sont réduits à leur simple fonction, tel un humain en 2020. Nous sommes actuellement limités dans nos mouvements, obtenir de l’énergie par l’alimentation, la dépenser dans une activité productrice issue de notre force physique ou intellectuelle.Un homme réduit à une seule et unique fonction, celle de transformer son énergie dans un but déterminé conçu et organisée à l’avance

Impression 3D, acier - 2020 - 380 x 200 x 120 mm

Crédit photo oeuvre : Nicolas Viallard
Crédit photo portrait : Elsa Thénot 

Instagram : www.instagram.com/nicolasviallard
Site : www.nicolasviallard.com


Olga Karpinsky

Face without eyes

L’eau retient et dispense, selon des règles très strictes et souvent obscures, l’encre sur le papier. Encre de Chine et aquarelle du Japon se mêlent selon l’humeur, le hasard. Yi King pictural quotidien qui ponctue ces temps obscurs, annonce des temps meilleurs ?

Encre de Chine et Aquarelle japonaise sur papier Hahnemühle 24 x 32 cm - 2020

Crédit photo : O. Karpinsky

Instagram : @olgakarpinsky

 

 


Anne-Marie CASENAZ

À pas comptés

A cause d’un virus qui voyage à travers le monde, nous vivons une période exceptionnelle, inédite. Où l’incompréhension, la sidération, la peur se sont tour à tour succédées et entremêlées au gré de la pandémie. Pour combattre ce virus, abasourdis, nous avons été cloués chez nous, confinés, en liberté surveillée. Et nos déplacements se sont faits à pas comptés…

Terre cuite : grès émaillé et engobé - L 21,5 cm x l 6,5 cm x h 6,5 cm – Juin 2020

Crédit photo : Anne-Marie CASENAZ

Site : https://casenaz.ultra-book.com

 

 


Tinagraff

Le Confinement

Série Couleurs et Pensées - Peinture acrylique (techniques mixtes) - Toile sur châssis - 30 X 30 - Réalisation lors du 1er Confinement 2020

2020 - Année impossible à oublier, dans un monde qui semble devenir fou. De mon côté, je fais un choix positif, espérant que nous trouverons imagination et créativité pour affronter cette crise. Dans quel type de société, pourrons-nous avoir une prise de conscience de l'urgence climatique ?

Crédit : © Tinagraff

Site : www.tinagraff.com

 


Frédéric Develay

En Découdre

Technique mixte, sommier et fil électroluminescent - 185 x 85 x 14 cm - 2019

“Dans une lignée qui commence avec Duchamp et ses contrepèteries, se poursuivant avec Bruce Nauman et ses néons alternatifs, allant de la Poesia Visiva à l’art conceptuel, Frédéric Develay favorise des lectures dont le sens est comme suspendu, différé de telle sorte que l’imaginaire du regardeur peut s’y glisser et s’y attarder en totale liberté. Il met à nu le langage comme ars combinatoria de lettres, de graphèmes, de signes.”
Giovanni Lista

Crédit : © Frédéric Develay

Site : www.fdevelay.eu

Instagram : https://www.instagram.com/frederic.develay


Didier Frydman

Issu du confinement durable

Carrelage découpé, collé sur tablette en mélamine, circuits imprimés, joint, encadré par une cornière en acier galvanisé - 68,6 cm x 35,4 cm - Avril 2020

Ce tableau a été réalisé au mois d'avril 2020 durant le premier confinement, à un moment où les gens sortaient le moins possible et s'évitaient quand ils se croisaient dans la rue ou les commerces. Chacun percevait l'autre comme une menace. Tout le monde se méfiait de tout le monde.

Ce tableau tente de rendre compte de ce climat délétère. Il présente un monde flottant, aride et sombre, fracturé, dont chaque élément est isolé des autres par des fissures. Sur certains éléments se sont développées des microsociétés, suggérées par les circuits imprimés. L'humanité apparaît fragmentée en un archipel d'isolats, éloignés les uns des autres, se tournant le dos.

Crédit : Didier Frydman

https://didierfrydman.wixsite.com/monsite


Odile Detruit

Stabat mater

Diptyque deux panneaux - 108x55cm - Fusain et encre - 2018

Un titre d’origine religieuse utilisé maintes fois dans la musique mais qui, ici, est détourné pour reprendre un sens littéral. Deux femmes sont debout ; une austère avec un visage dans la lumière, une autre dévoile sa nudité avec un visage dans l’ombre, soulignant les contrastes, et suscitant un mystère accentué par le corbeau à l’encre, et les corps au fusain. C’est un jeu symbolique, à chacun de se faire sa propre histoire entre les mots et les présences.
C’est une invitation à comprendre les contrastes, que la lumière n’existe pas sans l’ombre, et qu’après une période de peur et de contraintes, la légèreté et la liberté (symbolisées par la nudité de la jeune femme) reviennent à nouveau.

Crédit : Odile Detruit Traulé

Insta : @odiledetruit


Pierre Leblanc

Migrant

Photographie contrecollée sur dibond / caisse américaine avec châssis rehaussé - 2016 - 60cm x 90cm / 8 ex.

Cette image fait partie d'une série intitulée "Discriminations", qui constitue une proposition photographique autour des "20 critères de discriminations prohibés par la loi". C'est un portrait volontairement évanescent et lointain qui est inséré, par un jeu de miroir, dans un décor symbolisant le drame humanitaire de la migration.

Crédit : ©Pierre Leblanc

Site : www.pierreleblanc.be

Insta : pierreleblanc.studio

Facebook : Pierre Leblanc-Photographe


Monde d'après

Collectif Trente Octobre

Cette vidéo a été réalisée pendant la période du premier confinement. Elle s’articule comme une balade contemplative au sein d’un Paris d’abord vide de tout humain, puis lentement ré-habité, reflet de notre « monde d’après » naïvement rêvé puis de notre désillusion après la levée du confinement.

Illustration et animation: Laurine Perney & Marilou Poiré 
Juin 2020, Motion design, 1920x1080 px

Site web : www.trenteoctobre.com
Instagram : @trenteoctobrestudio


Pierre Hédrich

Le Monde d'après

Feutre noir - coloration Photoshop – Avril 2020 - 25 X 23,5 cm

Ce dessin représente ce sentiment flou que l’on ressentait à la fin du premier confinement, dans la perspective du monde d’après. Pendant plus de 50 jours, nous avons été connecté au monde extérieur par internet (visio-conférence – télétravail – cours à distance). D’où la mise en scène de cet internaute qui ne trouve plus son mode de passe. L’ambition de ce dessin est de faire d’une attitude commune une question de société.

Dessin de Pierre Hédrich

www.unprintempsdeconfinement.fr

www.pierrehedrich.com


Dédé Macchabée

"Kindness Forest", ou "La Forêt de la bienveillance"

Peinture acrylique sur toile - 2020 -  62x50 cm

"Kindness Forest", ou "La Forêt de la bienveillance" propose au spectateur de s'identifier à la fois au personnage au baluchon (confronté au changement de route, changement induit par cette époque troublante) et à ceux qui l'accompagnent dans ce choix (les personnages à la bougie, les petits animaux et la forêt elle même) qui portent sur lui un regard empreint de bienveillance.

Cette double lecture tente de mettre en lumière la nécessité de l'entente mutuelle entre tous les êtres vivants, afin d'atteindre une résilience tranquille et pleine de confiance.

Crédit photo oeuvre : Dédé Macchabée

www.dedemacchabee.com
Facebook : Dédé Macchabée peintresse


Monica Mariniello

Terreshumaines 4

Terre cuite et végétaux séchés - 2020 - H.58 x 36 x 21 cm.

Sur le dos de l’homme, la végétation pousse mais elle est sèche. Communion totale ou incapacité à laisser vivre les autres formes de vie présentes sur terre ?

Crédit photo oeuvre : Monica Mariniello
Crédit photo portrait : Denys Chomel
Instagram : https://www.instagram.com/monica.mariniello.16/
Site : www.Monica-Mariniello.com