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EXPULSION DU SQUAT DE LA RUE DES SORINS : Dominique Voynet en appelle à l'État

/ Publié le samedi 30 juillet 2011 15:40

Communiqué de presse
Montreuil, le 30 juillet 2011,

Dominique Voynet, maire de Montreuil a été informée ce matin à 7H09 par le Préfet de Seine-Saint-Denis de l'expulsion par les forces de police d'un squat au 94 rue des Sorins, suite à une décision de justice obtenue par le propriétaire privé des lieux.

La Maire s'est immédiatement rendue sur place. 218 personnes, dont 3 enfants, occupaient les lieux au moment de l'expulsion.

Ce squat existait à Montreuil depuis au moins 4 ans, et ne posait pas de problèmes majeurs jusqu'à l'année dernière. En 2010, des expulsions décidées dans d'autres villes avaient conduit à un afflux de plusieurs centaines de nouveaux ocuppants rue des Sorins, entraînant une sur-occupation très dangereuse, dans des conditions de sécurité et de salubrité déjà très précaires.

La maire de Montreuil avait écrit au Préfet en mai dernier, indiquant qu'un rapport du service communal d'hygiène et de sécurité pointait des risques considérables en termes d'hygiène et de salubrité (ni eau ni toilettes pour 300 personnes, dont des familles avec enfants), mais aussi de sécurité, en cas d'incendie en particulier (réseau électrique très dangereux, absence totale d'issues de secours alors que des personnes vivaient entassées dans des caves, etc.)

Elle faisait également part de sa profonde inquiétude quant aux suites d'une expulsion sans solution d'hébergement ou de relogement pour les personnes évacuées.

La Maire de Montreuil rappelle que ce n'est pas aux communes qu'incombe la responsabilité de l'hébergement d'urgence et de l'aide aux personnes sans abri et appelle l'Etat à prendre ses responsabilités et à proposer des solutions de relogement dignes aux occupants du squat.

La Ville de Montreuil, qui compte des centaines d'immeubles insalubres, des dizaines de squat, et 6000 familles inscrites parfois depuis plus de 5 ans sur les listes d'attente pour un logement social, a déjà été confrontée depuis 2 mois à l'effondrement d'un immeuble rue Parmentier avec la mort de 3 personnes et le relogement en urgence des familles blessées et endeuillées, et à deux incendies d'immeubles tout aussi insalubres qui ont conduit notamment à héberger une vingtaine de familles pendant un mois dans un gymnase.

Elle est aujourd'hui totalement démunie pour apporter des solutions d'hébergement ou de relogement aux occupants du squat.

Quelques jours après la démission du Président du Samu social, Dominique Voynet alerte à nouveau le gouvernement : les communes les plus pauvres d'Ile-de-France sont au bord de l'asphixie et ne peuvent plus faire face seules à la misère sociale. Les expulsions sans relogement qui n'ont pour conséquence que de faire migrer les populations déshéritées d'un squat à l'autre ne constituent en aucun cas des solutions.

Depuis trois ans, la ville de Montreuil va déjà bien au-delà de ses compétences et est l'une des communes les plus actives d'Ile-de-France avec la mise en chantier de 1400 nouveaux logements sociaux (40 % de la part totale des nouveaux logements), un programme de rénovation de 800 logements insalubres, la rénovation de plusieurs foyers de travailleurs migrants, la solidarité avec 350 roms dans le cadre d'une MOUS...

Dominique Voynet dénonce une situation déséquilibrée et injuste, entre les communes et l'Etat d'une part, et entre les communes d'Ile-de-France d'autre part (notamment dans l'application de la loi SRU) qui engendre la prise en charge des plus pauvres par les pauvres et refuse cette situation qui conduit inéluctablement à hiérarchiser la misère.