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La ville des premiers studios de cinéma

Emile Reynaud, précurseur du dessin animé

En 1876, Charles Émile Reynaud, né à Montreuil, le 8  décembre 1844, invente le premier appareil optique permettant l’animation des images : le  praxinoscope, jetant ainsi les bases du dessin animé. Cette invention reçoit en 1878 une mention honorable lors de l’Exposition universelle de Paris. Il poursuit ses recherches et perfectionne son invention en créant le théâtre optique.

Les studios de Georges Méliès

Les studios Méliès (carte postale) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante
Les studios Méliès (carte postale) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante

En 1888, Georges Méliès (1861-1938) investit la maison paternelle achetée en 1860 à Montreuil, au lieu-dit Le Bout-de-la-Ville. En 1896, il y tourne son premier film, Escamotage d’une dame chez Robert Houdin, faisant de Montreuil le berceau de l’industrie cinématographique en France. C’est dans cette propriété d’un demi hectare qu’il construit, au 1 rue François-Debergue, un premier studio de prises de vues en 1897, appelé studio A. Ce bâtiment en verre et en fer mesure 17 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur et 6 mètres de hauteur, avec une scène de 5 mètres de profondeur. Un second studio, nommé studio B, est érigé en 1907, au 3 rue François-Debergue. Il y tourne plus de 500 films produits par sa société de production Star Film et notamment Le Voyage dans la lune. Ce film, terminé en juillet 1902, connaît un succès triomphal à travers le monde. À la veille de la Première Guerre mondiale, le public se détourne des films de Méliès et les loueurs de films ne veulent plus de ses œuvres. Un litige entre Pathé et Méliès se termine en 1914. Le théâtre Robert-Houdin, situé au 8 boulevard des Italiens à Paris, est acheté en 1888 et les studios de Montreuil sont fermés. Méliès est ruiné. 
Le studio B est transformé en cinéma de quartier, puis en 1915, il devient une salle de théâtre au profit de l’hôpital de Montreuil. D’octobre 1917 à 1923, l’ancien studio B devient le théâtre des Variétés artistiques. Endetté, Méliès vend sa propriété de Montreuil et ferme le théâtre Robert-Houdin qui sera démoli lors du prolongement du boulevard Haussmann, en 1925. Il vend ses décors, ses costumes et, dans un accès de colère, il ordonne la destruction de ses films. George Méliès tient ensuite une boutique de jouets et de confiserie à la gare Montparnasse avec sa femme, Jeanne d’Alcy, avant d’être redécouvert en 1929 et de recevoir la Légion d’honneur en 1931. Il meurt en 1938 à Orly.

Affiche annonçant une soirée spéciale en hommage à George Méliès, le 20 octobre 1957 ©Archives municipales de la ville de Montreuil
Affiche annonçant une soirée spéciale en hommage à George Méliès, le 20 octobre 1957 ©Archives municipales de la ville de Montreuil

Après sa mort, de nombreux hommages seront rendus à l’inventeur du film cinématographique. Le 20 octobre 1957, le ciné-club Méliès de Montreuil, fondé en 1950, organise une soirée spéciale dédiée à George Méliès. Cet événement est filmé et diffusé dans le cadre de l’émission « Les actualités françaises ».

Le film montre Daniel Renoult, maire de Montreuil, les acteurs Françoise Rosay, Pierre Blanchar et la petite fille de Georges Méliès, Madeleine Malthête Méliès, lors de cet hommage. Il présente également des images de l’emplacement de cet ancien studio ainsi que des extraits du célèbre film, Le Voyage dans la Lune.

Les studios Pathé

En-tête d’une lettre de l’entreprise Pathé Frère, 1908 ©Archives municipales de la ville de Montreuil
En-tête d’une lettre de l’entreprise Pathé Frère, 1908 ©Archives municipales de la ville de Montreuil

Charles Pathé (1863-1957) fonde avec son frère Émile la première
 société 
cinématographique
 du
 monde : la société Pathé Frères qui deviendra en 1897 la Compagnie générale des cinématographes, phonographes et pellicules. Après avoir installé des studios de cinéma à Vincennes, il choisit Montreuil pour y construire un nouveau studio. Inaugurés en 1904, les studios Pathé sont installés au 52 de la rue du Sergent-Bobillot. Les studios de Montreuil sont les 
témoins 

d’une 
industrie 
qui 
se 
met 
en 
place et d’une 
profession qui
 se
 structure, 
crée
 des
 métiers et 
s’organise.
 Metteur
 en
 scène, opérateur, décorateur
 (toutes
 ces fonctions
 assurées
 au
 début
 par
 le
 seul
 Méliès)
 deviennent
 des
 spécialités
 autonomes
, avec
 leurs propres 
règles. Les sources divergent pour déterminer quel fut le premier film tourné dans les studios Pathé. Il pourrait s’agir de L’Incendie du théâtre de Chicago, dirigé par Ferdinand Zecca, premier
 directeur
 de
 production
 de 
l’histoire
 du
 cinéma ou, selon Hugues Laurent, l’ancien décorateur du studio, du film Christophe Colomb tourné en 1904.
Entre 1910 et 1914, Max Linder (1883-1925), de son vrai nom Gabriel Maximilien Luvielle, y tourne de très nombreux films. Dès 1913, les studios subissent la concurrence américaine. Une réorganisation de la société, aux lendemains de la Première Guerre mondiale, entraîne la fermeture des studios.

Les studios Albatros

Charles Vanel (carte postale, photo prise par le studio Soulat Boussus et éditée par Cinémagazine) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante
Charles Vanel (carte postale, photo prise par le studio Soulat Boussus et éditée par Cinémagazine) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante
Ivan Mosjoukine dans le costume du prince Roundghito-Sing, pour le film de Jean Epstein, intitulé Le roi des Mogols, tourné en 1924 à Montreuil (carte postale éditée par Cinémagazine) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante
Ivan Mosjoukine dans le costume du prince Roundghito-Sing, pour le film de Jean Epstein, intitulé Le roi des Mogols, tourné en 1924 à Montreuil (carte postale éditée par Cinémagazine) ©Coll. Musée de l’Histoire vivante

En 1920, les studios sont loués à la société Ermolieff-Films, dont Joseph Ermolieff (1889-1962) est président avec Alexandre Kamenka (1888-1969). Tous deux ont fui la révolution russe et travaillent dans les studios avec leur équipe venue de Russie. Des cinéastes français, tels que Henri Étiévant (1870-1953) ou Robert Boudrioz (1887-1949) et des acteurs, comme Charles Vanel (1892-1989), participent à leur production cinématographique.

En 1922, Joseph Ermolieff part en Allemagne poursuivre son activité de producteur et revend ses parts de l’entreprise à Alexandre Kamenka qui reprend en main la production. La société prend alors le nom de Société des films Albatros. Le studio Albatros devient le fief des Russes blancs à Paris et est baptisé par Henri Langlois l’« École russe de Montreuil ». 

Ivan Mosjoukine (1889-1939), Marcel L’Herbier (1888-1979) ou encore René Clair (1898-1981) y tourneront de nombreux films jusqu’en 1928. En 1929, l’irruption du cinéma 
parlant entraîne le déclin et la disparition du cinéma muet. La 
société 
Albatros périclite, puis disparaît
. Le lieu est vendu à une entreprise de métallurgie. Inscrit en totalité à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1997, il est rebaptisé Espace Albatros et abrite désormais des activités culturelles.

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