Forte d'un riche passé, Montreuil conserve encore les marques de son histoire au travers de son patrimoine, qu'il soit public ou privé, ou bien encore religieux. Alors Montreuillois de souche, promeneurs ou flâneurs de passage, voici quelques curiosités architecturales et culturelles de la ville à ne pas manquer. Parcours de ville.
Édifices et lieux publics
Première étape de la visite de la ville : la mairie. L'intérêt de l'édifice datant de 1935 n'est pas seulement historique, il est également artistique puisqu'il recèle les toiles de peintres de renom comme Paul Signac, Roger Parent, Sardin, Brabo et Charles Fouqueray.
Charles Fouqueray - Salle du conseil municipal
En 1947, Daniel Renoult, alors maire de Montreuil et conseiller général, émet l'idée d'une fresque se déroulant sur les murs de la salle du Conseil et retraçant les grands épisodes de l'histoire de la ville. Charles Fouqueray (1869-1956) est chargé de sa réalisation. Ce peintre reste l'une des figures de l'esthétique officielle française après la guerre de 1914-1918. Spécialisé dans la peinture historique, il réalise 12 panneaux qui retracent le passé de Montreuil : le baptême de Charles V en 1337 ; Saint Louis et Blanche de Castille visitant les malades ; Lenain de Tillemont et ses amis jansénistes ; Jean-Jacques Rousseau herborisant aux environs de Montreuil et La Libération de Montreuil le 18 août 1944.
Montreuil aux pêches (XIXe)
Claude Charles Bourgonnier, Salle des mariages
Les œuvres du peintre et lithographe Claude Charles Bourgonnier, qui ornent la salle des mariages de la mairie, sont des peintures à l'huile, commandées par le département de la Seine après le concours ouvert en 1891. Les quatre sujets retenus : Montreuil aux Pêches, Les Carrières en hiver, Le Printemps, L'Automne.
La Jardinière et l'Ouvrier - 1944
(devant l'hôtel de ville)
Deux statues allégoriques en pierre du sculpteur Gilbert représentent le passé horticole et industriel de la ville.
Au temps d'harmonie XXe - Paul Signac
Escalier d'honneur de l'hôtel de ville
Ce tableau a été offert à la ville de Montreuil le 6 mars 1938 par Mme Paul Signac. Peintre néo-impressionniste (1863-1935), Paul Signac se distingue par une remarquable technicité et maîtrise de l'aquarelle.
Pour une visite commentée de l'hôtel de ville :
01 48 70 63 83 (réservation obligatoire)
Édifice religieux
Église Saint-Pierre-Saint-Paul
Classée Monument historique, l'église recèle de nombreux trésors : un autel datant du XVIIe siècle, une Vierge à l'enfant (XVIIe), un orgue (XIXe), des fonts baptismaux (XVIe), un presbytère (XVIIIe). Les baies de la nef, de style gothique flamboyant, indiquent une origine du XVe siècle. Quant au portail (XVe-XVIIe), il comprend trois travées édifiées à des époques différentes. La travée centrale se compose d'un mur pignon, bâti avec la nef au XVe siècle. La porte d'entrée, encadrée de colonnettes, est surmontée d'une archivolte en tiers-point. Le tympan est orné au centre d'une rosace. Les deux travées latérales sont édifiées aux XVIe et XVIIe siècles. L'ensemble de la façade est fortement restauré entre 1835 et 1841, l'intérieur l'est en 2004-2005.
L'église a fait l'objet d'importants travaux de rénovation. Pour plus de détails cliquer ICI
Ancien domaine
Montreau - 31 boulevard Théophile-Sueur
C'est au XVIIIe siècle qu'un grand édifice allongé, le château de Montreau, est construit. En 1870, en pleine guerre, il est entièrement démoli par les forces françaises. Le génie militaire estime qu'il gêne le tir des batteries pour la défense du plateau d'Avron. Pour parfaire le système de défense sont aussi détruits les murs des jardins voisins. En 1874, Théophile Sueur, alors propriétaire du domaine, fait bâtir le bâtiment actuel, qui abrite aujourd'hui le musée de l'Histoire vivante. Du château primitif ne subsistent que les deux pavillons d'entrée du XVe siècle. Aujourd'hui, son parc reste l'un des plus beaux espaces paysagers de la région parisienne, agrémenté d'une roseraie et d'un labyrinthe végétal.
Parcs des Beaumonts et des Guilands
Le parc des Beaumonts compte 22 hectares. Il dispose d'un espace naturel de 11 hectares et d'une grande diversité de milieux (prairies, mares, bois…) dans lesquels évolue une riche faune. Habité par plus de 160 espèces d'oiseaux, l'endroit accueille aussi des animations à la belle saison, tout comme le parc départemental Les Guilands-Jean-Moulin. Ce dernier offre une vue imprenable sur Montreuil et ses alentours.
Murs à pêches
La longue tradition agricole et horticole, qui a fait les heures de gloire de Montreuil, est encore largement visible sur certains sites de la ville. Parmi eux, les murs à pêches, qui restent les témoins d'une époque florissante, et dont 8,5 ha sur 38 ont été classés. Voulu par la ville, ce classement permet une préservation du paysage tout en favorisant un développement équilibré et maîtrisé de l'habitat entre les murs et l'activité économique.
Murs à pêches (XVIIe - XIXe)
Quartier des rues Saint-Antoine et Saint-Just
Hauts de 2,70 mètres, épais de 80 centimètres et surmontés d'un chaperon de tuiles ou de plâtre, ces murs sont orientés nord-sud afin que l'une de ses faces soit en permanence exposée au soleil. Les pêchers sont ensuite greffés sur des "francs", arbres sauvages et résistants, ou sur des abricotiers le long des murs. À Montreuil, sur des terrains de faible qualité, chaque pêcher produisait entre 200 et 500 pêches par saison. Jusqu'à 400 variétés, répondant aux doux noms de la "Grosse Mignonne", "la Belle Impériale", "la Galande", "le Téton de Vénus"… ont été dénombrées. Conséquence, ces fruits sont restés les « pêchers mignons » de nombreux consommateurs, avant d'être concurrencés par les pêches méridionales.
Usines
Au milieu du XIXe siècle, Montreuil passe d'une économie agricole à une économie industrielle dont les traces et les témoins sont encore nombreux dans la commune.
Cheminée et séchoirs à bois
(Fin XIXe-début XXe) - 74-94 rue de Lagny
Dans le courant du XIXe siècle, Montreuil se transforme et s'industrialise. Les essences précieuses, venues des pays lointains (acajou, palissandre des Indes, sycomore…), font naître et se développer une industrie révolutionnaire pour l'époque, celle du tranchage et du déroulage du bois en fines tranches de contreplaqué. Rue de Lagny s'installe notamment en 1871 la Société parisienne de tranchage et de déroulage. Employant alors 12 personnes, l'usine va connaître un essor considérable dans les décennies suivantes. En 1950, elle emploie 250 personnes et exporte 85 % de sa production. Forte de cet établissement, Montreuil voit ainsi affluer sur son sol quantité de petites industries. De nombreux ébénistes, des sculpteurs sur bois, des fabricants de meubles, des doreurs sur bois, des fabricants de colle... À cela s'ajoute aussi l'implantation de fabriques de jouets, notamment les célèbres poupées à tête de porcelaine d'Émile Jumeau, qui lui valurent de nombreux prix, dont la médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris en 1878.
Château d'eau (XIXe -XXe) - Ancienne usine Pernod - 87 rue de Paris
En 1872, Ariste Hémard, ancien cultivateur d'Eure-et-Loir, rachète une maison de distillerie et crée une fabrique de liqueurs. En 1900, l'entreprise produit des liqueurs courantes (absinthes, amers et spiritueux), des sirops et des conserves de fruits. Elle obtient même une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900. La même année, Hémard, représentant de la droite montreuilloise, devient maire de la commune. En 1926, sa société fusionne avec la maison Pernod Père et Fils, fondée à Montreuil en 1860, pour former la société des Établissements Hémard et Pernod Fils. Sept ans plus tard, elle possède dix usines dans toute la France et plus de quinze cents employés, dont la moitié à Montreuil.
École Marcellin-Berthelot - rue Colmet-Lépinay
Conséquence des lois votées à l'initiative de Jules Ferry en 1881-1882 sur la gratuité et l'obligation de l'enseignement primaire public en France, Montreuil connaît une augmentation considérable d'inscriptions scolaires. Or, en 1881, la ville possède seulement 2 groupes scolaires : l'école du Centre et l'école de la Route. En 1887, pour faire face au manque de places dans les écoles, la décision est prise de construire un 3e groupe scolaire : Marcellin-Berthelot. Il ouvre ses portes en 1890 et accueille 20 classes primaires, dont une maternelle. Pendant la première guerre mondiale, l'établissement sert d'hôpital militaire. L'édifice présente la particularité de posséder un clocheton datant de 1893, encore visible aujourd'hui.
Studio Pathé-Albatros -
52 rue du Sergent-Bobillot
L'ancien studio de Montreuil, édifié en 1904, est le dernier survivant des « théâtres de prises de vues » des premiers temps du cinéma. Pas moins de 1500 films, dont les premiers longs métrages expressionnistes, seront tournés dans ce studio. Classé Monument historique, l'endroit accueille aujourd'hui une Académie internationale des arts du spectacle et des ateliers d'expression artistique.
Édifices privés
Montreuil s'enorgueillit de superbes façades, témoignages de l'architecture et de l'histoire des siècles passés. Des maisons anciennes (XVIIe-XVIIIe) sont ainsi disséminées dans le paysage montreuillois au 21 rue de l'Église ou au 60 rue Danton. La maison de Benoît Frachon, sise au 20 avenue du Président-Wilson, date du début du XIXe. Quant à la maison Jacques Duclos, elle est située au 22 avenue du Président-Wilson. À noter, deux hôtels remarquables : l'Hôtel la tourelle (98 rue de Vincennes) et un Hôtel particulier (56 rue Franklin). Face à la croissance de la population, d'autres types de construction voient le jour à Montreuil : les immeubles. En 1912 est ainsi édifié l'immeuble du 64 boulevard Rouget-de-l'lsle ; en 1936 celui du 233-235 boulevard Aristide-Briand et au début du XXe, le 54 boulevard Rouget-de-l'lsle.
Le 16 rue Pépin : demeure du 1er maire de Montreuil
Descendant d'une lignée de cultivateurs installée à Montreuil depuis le xvie siècle, Pierre Pépin (1722-1802) est le premier maire de notre commune. Le numéro 16 de la rue, qui porte maintenant son nom, accueille aujourd'hui le Café La Pêche.
En savoir plus ?
Office de tourisme
« Destination Montreuil »
1 rue Kléber - Tél. 01 41 58 14 09
Comité départemental
du tourisme : 01 49 15 98 98 ou
Maison du parc des Guilands : 01 43 60 07 19
Classée monument historique l’église saint Pierre – saint Paul est un édifice majeur du patrimoine montreuillois. Néanmoins l’ouvrage architectural le plus ancien de la ville avait subi l’usure du temps : détachement de la clé de voûte de la nef (1986), dégradations, fissures, chutes du plafond, instabilité du monument sont autant de raisons qui ont nécessité la fermeture de l'église au public en 1993 et la réalisation de travaux lourds pendant plusieurs années.